Max Linder Panorama : 30 ans et une programmation d’exception !

Parce que Revus et Corrigés, c’est aussi l’amour des salles noires et des fauteuils rouges, nous ne pouvions pas louper la semaine anniversaire d’une des plus belles salles parisiennes, le Max Linder Panorama, boulevard Poissonnière.

« La plus belle salle de Paris »

Pathé Journal futur Max Linder 08 1914Inauguré en 1910 par le Norvégien Halfdan Nobel Roede, le Kosmorama, installé en plein cœur du Paris du 7ème art avec déjà 500 fauteuils, est racheté le 21 janvier 1914 par le célèbre acteur burlesque Max Linder. En 1916, au sommet de sa gloire, Max Linder vend la salle à la société Omnia (future société Pathé) qui en fait une salle de 800 places. Le nom de Max Linder resta attaché à cette grande salle du boulevard Poissonnière, considérée déjà au temps du muet, comme « la plus belle salle de Paris » (Le Gaulois, 24 septembre 1926).

Max-Linder 1937-001

Dans les années 1930, le Max Linder Pathé entre dans le circuit Siritzky père et fils, et devient la salle d’exclusivité du circuit. Pendant l’Occupation, Léon Siritzky réussit à maintenir quatre salles ouvertes sur les sept du circuit, dont le Max Linder. Alors racheté par la SOGEC, société d’exploitation créée par l’Allemagne nazie, le circuit Siritzky, parmi d’autres, est nationalisé à la fin de la guerre. La famille Siritzly entre alors dans une bataille administrative monstre pour récupérer ses salles. Ce n’est qu’en 1954 qu’elle réussit à récupérer le Max Linder.

Rénové durant sa nationalisation, le cinéma Max Linder présente pendant trente ans les exclusivités, les Siritzky s’associant à la Paramount pour monter Parafrance dans les années 1960. Cependant, en 1984, l’aventure Parafrance s’achève, et le cinéma est racheté par Jean-Jacques Zilbermann et son équipe de cinéphiles, qui ont déjà retapé l’Escurial, dans le 13ème arrondissement.

Entièrement reconstruite, la salle dont nous fêtons donc les trente ans cette semaine, réouvre en 1987, offrant un écran panoramique et du son THX, système créé par George Lucas. Après Kinépolis qui rachète la salle à Jean-Jacques Zilbermann, c’est enfin Claudine Cornillat, l’actuelle propriétaire, qui rachète le Max Linder Panorama.

Max-Linder
La salle aujourd’hui © Cinéma Max Linder Panorama
Une programmation exceptionnelle

Ainsi, du 29 novembre au 5 décembre 2017, le Max Linder a programmé, pour ses trente ans, une semaine d’avant-premières mais surtout des reprises prestigieuses ! Aux côtés d’un documentaire sur Monsieur Max Linder, L’Homme au chapeau de soie, en hommage à sa fille Maud, décédée le 25 octobre dernier, dix classiques sont à (re)découvrir dans les meilleures conditions possibles !

Mercredi 29 novembre

14h : Le salaire de la peur, d’Henri-Georges Clouzot (1953)

17h : Sorcerer (Le Convoi de la peur), de William Friedkin (1978)

L’original et son remake pour une après-midi tendue et explosive.

Jeudi 30 novembre

14h : Paris, Texas, de Wim Wenders (1984)

17h : Barry Lindon, de Stanley Kubrick (1976)

Vendredi 1 décembre

14h : La Fille de Ryan, de David Lean (1970)

Samedi 2 décembre

14h : Titanic / 3D, de James Cameron (1998)

22h30 : Koyaanisqatsi, de Godfrey Reggio  (1982)

Dimanche 3 décembre

14h : La Porte du paradis, de Michael Cimino (1981)

20h45 : Heat, de Michael Mann (1996) : Présentée au Festival Lumière à Lyon en octobre, c’est la toute nouvelle restauration de Heat qui est au programme.

Lundi 4 décembre

14h : Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone (1984)

18h30 : L’Homme au chapeau de soie, de Maud Linder (1985) – Hommage à Maud Linder.

 

Toute la programmation sur le site du Max Linder : http://maxlinder.com/evenements/les-30-ans-du-max-linder-171

En plus de la très belle page du site sur l’histoire du Max Linder Panorama (http://maxlinder.com/article/l-histoire-du-max-linder-15), nous vous conseillons la lecture de Figures des salles obscures : des exploitants racontent leur siècle de cinéma, un livre de Claude Forest, Hélène Valmary et Samra-Martine Bonvoisin, édité en 2015 par Nouveau Monde. Vous y trouverez tout l’aventure cinématographique de la famille Siritzky, et celle de nombreux autres exploitants dans tout le France.

Tarifs habituels / Cartes UGC et LePass Illimité acceptées à partir d’une heure avant la séance.