La revue

Mock_up_COUV_multiples

150 pages trimestrielles consacrées à l’actualité du cinéma de patrimoine !

Où nous trouver en librairie

Acheter et s’abonner en ligne

 


NUMÉRO 1 – ÉTÉ 2018

édito


ÉDITO

bande à partNous n’aimons pas trop le mot « patrimoine ». Certes, c’est sans doute un peu étrange pour une revue sur le cinéma de patrimoine, et pourtant. « Patrimoine » a cette connotation monumentale – au sens propre – que nous ne sommes pas certains d’aimer. Nous avons retourné le terme dans tous les sens, et les alternatives (les « classiques » ou « films de répertoire » ) ne nous ont pas semblées adaptées, quand elles n’étaient pas contradictoires. D’ailleurs, presque personne ne semble d’accord sur son sens. Pour le CNC, il s’agit des films sortis avant le 31 décembre 1999 ; ailleurs, on utilise la frontière communément admise des dix ans, que nous avons choisie. L’idée de Revus et Corrigés est d’abolir les barrières temporelles factices érigées entre les époques, entre passé et présent. On parle (trop) souvent de « vieux films », chose qui, lorsque l’on prend un peu de recul, ne veut pas dire grand-chose – qui dit « vieux tableaux » ou « vieille musique » ? Le cinéma est si jeune et semble pourtant déjà plus vieux que tous les autres arts, comme si son évolution était inverse, façon Benjamin Button. « Il n’y a pas plus daté et datable que le cinéma », me répétait autrefois un professeur. Mais justement. N’allons pas feindre que les époques auxquelles appartiennent les films n’existent pas et ne les encadrent pas ; mais paradoxalement, ne les laissons pas trop recadrer notre propre vision. Car nous, spectateurs et cinéphiles qui nous nous penchons à nouveau sur ce cinéma de « patrimoine », avons le privilège du recul. Les découvertes sont excitantes et les redécouvertes stimulantes, preuve des nouvelles lectures que l’on peut perpétuellement amener sur un film. Que de possibilités !

Nous voilà donc devant le mot « patrimoine », ses ouvertures mais aussi ses limites. Reste à voir comment, au fur et à mesure de notre évolution, les discussions autour de ces films et leur atemporalité relative (certains ont traversé plus de 120 ans pour figurer dans ces pages) nous pouvons repenser la notion de « patrimoine ». Et pourquoi pas, tous ensemble, trouver de nouveaux regards dans cette aventure ludique et excitante.


Bande à Part (1964 – © StudioCanal)