Présentation du projet

Un trimestriel 100% cinéma de patrimoine


Revus et Corrigés est un projet de mook saisonnier, exclusivement consacré à l’actualité des films datant de 1895 aux années 2000. Le premier numéro est prévu pour l’été 2018.

Mais c’est quoi, ou plutôt, c’est quand, un vieux film ?

C’est presque tout le cinéma, en fait.

nuit américaine

Pourquoi lancer une revue papier entièrement dédiée au cinéma dit « de patrimoine » ? À dire vrai, nous nous demandions au contraire pourquoi une telle revue n’existait pas encore. L’idée derrière Revus et Corrigés est née d’un constat simple : aussi contradictoire que cela puisse paraître, les « vieux » films n’ont jamais été autant d’actualité. Toute une nouvelle génération a grandi avec cet outil formidable de partage et d’échange qu’est Internet. Chacun à son rythme, les internautes ont pu y développer une cinéphilie solide, au fil de discussions avec des amateurs éclairés provenant des quatre coins du globe. Ça dialogue, découvre, s’engueule ! Bref, la passion est toujours là, intacte. Les forums en ligne et réseaux sociaux d’aujourd’hui ont su relancer les débats des ciné-clubs dans les cinémas de quartier d’hier. Les indéboulonnables classiques comme les raretés qui ont été exhumées par l’archéologie cinéphilique ont pu ainsi trouver une nouvelle vie, notamment sur des sites ou des blogs spécialisés. Vient alors le temps de la réincarnation. Le cinéma est mort, vive le cinéma !

Bande à part, de Jean-Luc Godard
Bande à part / Jean-Luc Godard / 1964 / Gaumont

Cette revue s’inscrit dans le même esprit avec lequel Henri Langlois, Georges Franju et Jean Mitry avaient fondé la Cinémathèque française. Il n’y a pas de patrimoine sans transmission, et pas de transmission avec un passé déconnecté du présent. Et pas de nostalgie, non plus : c’est un sentiment intime et condamné à l’immatériel, et en ce sens, ce n’est pas le crédo de notre projet. Car sans écho dans notre présent, il ne resterait plus qu’un éphémère souvenir de ces films et notre démarche serait bien vaine. Mais il faut savoir ce que l’on entend derrière le terme fourre-tout qu’est cinéma de patrimoine. S’il n’y a pas d’art plus daté que le cinéma, il n’y pas de « vieux film » pour Revus et Corrigés. Le cinéma est jeune et certains films ont su traverser les époques en touchant, sans distinction, plusieurs générations de spectateurs. Cette revue sera aussi accessible autant aux cinéphiles invétérés qu’aux néophytes en quête de chefs d’œuvre intemporels.

ran
Ran / Akira Kurosawa / 1985 / Studiocanal

Abel Gance disait, il y a près de cent ans, que le cinéma était « le plus bel art de l’avenir »¹ : aujourd’hui, c’est notre présent. Entre toutes ces époques et ces nationalités, nous avons conscience de l’ampleur du travail qui s’annonce avec 120 ans de cinéma déjà écoulés. Avec la personnalité de ses rédacteurs, elle sera, tout autant, le moyen idéal de donner la parole à des intervenants extérieurs, dont la relation est essentielle au cinéma de patrimoine (distributeurs, exploitants, restaurateurs, collectionneurs…), mais également à tous les témoins directs ou indirects encore présents.

Revus et Corrigés sera avant tout un espace de partage, où la parole est donnée et transmise, autant que possible pour tous. Plus encore, c’est l’opportunité de créer un bel objet, cher autant à nos yeux que ceux des lecteurs qui le parcourront avec plaisir. Ce que nous souhaitons, c’est de mettre en avant cette jeunesse retrouvée que nous apercevons dans le cinéma de patrimoine et ainsi le décrocher de ce piédestal poussiéreux et inaccessible qui s’est inscrit dans les esprits. Il ne tiendra qu’à Revus et Corrigés de raviver auprès de ses lecteurs, de manière ludique et instructive, l’envie d’explorer cette mémoire et de prouver, une bonne fois pour toutes, que les films de patrimoine ne sont pas désuets et s’avèrent même plus vivants que jamais.

La rédaction

wild bunch

¹ Proclamation d’Abel Gance en amont de la production de Napoléon, le 4 juin 1924.