Sauvons le Cinéma La Clef !

Le dimanche 15 avril dernier, La Clef donnait ses dernières séances suite à la volonté du propriétaire des murs de vendre le bâtiment. Cependant, les salariés permanents du Cinéma La Clef, constitués en collectif indépendant de la direction – Le Collectif À La Clef –, se mobilisent pour sauver ce lieu historique. Le Collectif À la Clef sollicite désormais l’aide de chacun afin de financer toutes les démarches administratives et juridiques de ce combat.

Du petit cinéma au centre culturel

En 1969, Maurice Frankfurter achète un vieux bâtiment délabré et fait construire un cinéma d’ Art & Essai de quatre petites salles dans un quartier étudiant en pleine ébullition post-68. Appelé déjà La Clef, car situé le long de la rue de la Clef, il est pendant toutes les années 1970 un des hauts lieux du cinéma indépendant, du cinéma engagé, des projections-débats politiques, et extrêmement fréquenté par la population étudiante de la toute nouvelle faculté Sorbonne-Nouvelle à quelques mètres.

En 1981, au moment où la gauche arrive au pouvoir, une crise sans précédent affecte les entrées cinéma, et touche particulièrement la petite exploitation. M. Frankfurter vend le bâtiment au Comité d’Entreprise de la Caisse d’Epargne d’Ile de France, qui en est toujours le propriétaire, et qui en modifiera l’architecture pour en faire son centre culturel. Trois des quatre salles de cinéma sont transformées : l’une au rez-de-chaussée en salle polyvalente, une autre au sous-sol, en atelier peinture, enfin celle du premier étage, la plus grande, en salle de spectacle cinéma/musique/théâtre avec l’ajout d’une profonde scène.

Du Cinéma d’Ailleurs à l’Usage du monde

En 1991, le réalisateur bénino-togolais Sanvi Panou, vivant à Paris, cherche un lieu pour diffuser du cinéma « black ». Il propose au Comité d’Entreprise de la Caisse d’Epargne de rouvrir une exploitation cinématographique dans les deux salles où cela est encore techniquement possible. C’est ainsi qu’apparaît fin 1991 dans le paysage cinématographique parisien Images d’Ailleurs, nouveau nom donné à la salle par ce nouvel exploitant. Dès les années 1994/1995, Images d’Ailleurs doit élargir sa programmation d’abord vers les cinématographies du monde arabe, puis vers toutes les communautés. Cette structure exploita ces salles pendant près de 18 ans.

Les salles sont reprises en septembre 2010 par une équipe de passionnés constituée au départ de Raphaël Vion, Isabelle Buron, Nicolas Tarchiani, et Derek Woolfenden, auxquels se sont joints rapidement Sébastien Liatard, et Camille Divay, et plus récemment Antoine Marais et Dounia Baba-Aïssa, qui forment l’équipe actuelle de permanents. Il devient le Cinéma La Clef – L’Usage du Monde, en hommage à Nicolas Bouvier, insatiable découvreur.

Montrer les films que l’on ne peut voir nulle part ailleurs.

La ligne éditoriale est riche : témoigner des enjeux humains, environnementaux, sociaux et politiques du monde de demain à travers des films du monde entier. Mais aussi faire découvrir des cinématographies du monde au travers du regard qu’ils portent sur l’évolution des problèmes contemporains.

Avec des continuations, des sorties nationales sur des combinaisons de copies à Paris très réduites, mais aussi des évènements (débats, festivals, ciné-concerts etc.), le cinéma propose un travail vers le jeune public, des rencontres documentaires et de nombreux rendez-vous culturels autour de festivals organisés par des associations (Autres Brésils, Attac…)

Le Cinéma La Clef

Afin d’engager un dialogue constructif, le collectif des salariés de La Clef se mobilise et demande l’aide de tous les amoureux des salles et amateurs du cinéma alternatif pour une défense de la diversité du paysage cinématographique.

Pour soutenir ce cinéma de quartier dans leurs démarches juridiques, chaque don compte : https://www.wejustice.com/causes/sauvons-le-cinema-la-clef