Journées du cinéma politique de Sciences Po : Mai 68, la figure du chef et du rebelle en 20 films

Programme1Comment devient-on chef ? Pourquoi devient-on rebelle ? Y a-t-il un espace pour des figures alternatives de leaders ? 50 ans de mai 68 oblige, ce sont les questions du moment qui seront au cœur  de la 2ème édition des journées du cinéma politique, organisées par Sciences Po Paris qui aura pour thème « La rébellion contre les figures du chef : Mai-68, ses origines et son héritage ».

Au programme, 20 films et deux débats pour faire le tour de ce qu’est un chef, et des raisons qui poussent certains à s’opposer, soit pour se rebeller, soit pour gouverner autrement. Un mois après après le festival Rebel, rebel de L’Ecran Saint-Denis, c’est une autre manière d’interroger notre rapport à l’histoire et à la politique à travers le cinéma. De Werner Herzog à Steven Spielberg, en passant par Kevin McDonald et Chris Marker, on pourra revoir, gratuitement, fictions et documentaires, petits et grands classiques pour certains, en version restaurée.

 

Ainsi, jeudi 15 mars, dès 10h30, c’est Werner Herzog qui ouvre les hostilités avec son documentaire consacré à Bokassa, Echos d’un sombre empire (1990), en version restaurée. A la même heure, impossible de rater une autre version restaurée, celle du chef d’œuvre de Joseph Losey, The Servant, film matrice des relations dominant-dominé, scénarisé par le dramaturge Harold Pinter. A 17h, César doit mourir, la parabole des frères Taviani, vous donnera l’occasion de découvrir une version inédite du Jules César de Shakespeare, interprétée par des prisonniers incarcérés dans la prison de Rome. Petit bijou qui marqua le retour gagnant des fratelli sur le devant de la scène (Ours d’Or 2012), après avoir l’histoire du cinéma italien dans les années 70 (Padre padrone, La Nuit de San Lorenzo). Enfin, pour terminer en beauté la journée, précipitez-vous sur le 1er film de Romain Goupil, Mourir à 30 ans, documentaire nostalgique et bouleversant sur l’héritage de mai 68, à partir de la figure de son compagnon d’armes Michel Racanati, suicidé en 1978, et auquel il rend hommage à travers ce film.

 

Vendredi, place à mai 68, avec l’œuvre mythique et titanesque de Chris Marker, en version restaurée, consacrée aux tourments du monde pré-68, Le Fond de l’air est rouge ; un documentaire allemand sur mai 68 vu depuis Berlin et son charismatique leader Rudi Dutschke ; les fictions autobiographiques de Louis Malle (Milou en mai) et Olivier Assayas (Après mai). On pourra toujours revoir Harvey Milk, le biopic de Gus van Sant consacré au leader américain de la cause homosexuelle qui valut à son interprète Sean Penn un Oscar en 2008 ; et Le Dernier Roi d’Ecosse, sur Idi Amin Dada, qui valut également à son acteur Forest Whitaker un Oscar en 2006.

N’oublions pas la politique contemporaine française : La solitude du pouvoir (2016) documentaire consacré à l’exercice du pouvoir élyséen, de Charles de Gaulle à François Hollande, sera projeté le 15 mars. Et nous pourrons reparcourir la campagne présidentielle en France de 2017 à travers le documentaire de Bertrand Delais Macron, en marche vers l’Elysée, le 16 mars à 16h30. On pourra également décortiquer Le système Poutine, de Jean-Michel Carré et Jill Emery, à quelques jours de l’élection présidentielle russe, et l’irrésistible ascension de l’ancien chef du KGB de ses débats à son arrivée au Kremlin en 2008, le 15 mars. Bref, aux salles, citoyens !

Programmation et horaires sur le site des Journées politiques de Sciences Po