Top des films de 2017

Par Alexis Hyaumet

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1 – Blade Runner 2049
Par la sobriété magnifiante de sa mise en scène, Denis Villeneuve fait de Blade Runner 2049 un prolongement osé, aussi imposant visuellement qu’à contre-courant du chef d’œuvre de Ridley Scott.

2 – Silence
Aux antipodes de ses films de gangsters, Martin Scorsese nous pose une vraie introspection sur ce qu’est la conviction (plus que la religion), en empruntant avec humilité la beauté acétique du cinéma japonais dans lequel il s’inscrit.

3 – Un jour dans la vie de Billy Lynn
Malgré ses Oscars récoltés avec L’Odyssée de Pi, Ang Lee sera injustement boudé, poursuivant sa route de conteur pionnier dans la technologie avec l’un des films les plus pertinents sur l’Amérique du XXIe siècle.

4 – Traque à Boston
Après l’étonnant Deepwater, Peter Berg avait tout pour sombrer dans la surenchère en reconstruisant l’attentat du marathon de Boston. Prenant, haletant et jamais manichéen, son dernier film lui permet d’atteindre le sommet de son art pensé comme testimonial. Montage américain à préférer.

5 – Detroit
Avec son premier acte irrespirable, l’étouffant Detroit tire sa force du contexte politique dans lequel il s’est constitué. Kathryn Bigelow nous offre un film coup de poing qui ne laisse pas indemne et permet à John Boyega de se transcender à l’écran.

 


Par Marc Moquin

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1 – We Blew It
Bouleversante chronique et surtout grand road-trip de Jean-Baptiste Thoret dans une Amérique scindée et désillusionnée. En interrogeant les fantômes – ou ce qu’il en reste – de la contre-culture, le documentaire expose le vide contemporain.

2 – Silence
Lors de la projection, un spectateur fulminant est sorti en marmonant « c’est un supplice ce film ! ». Scorsese y interroge brillamment et sobrement une passion discutable dans l’expansionnisme catholique.

3 – Carré 35
Une petite heure seulement, et pourtant le documentaire d’Eric Caravaca traverse tant de réflexions, tant d’émotions autour de cette famille rongée par un mensonge funeste mais fascinant.

4 – Blade Runner 2049
Miraculé hollywoodien, le film de Denis Villeneuve déploie d’immenses efforts pour ne pas être prisonnier de son aîné, avec une réflexion passionnante sur la mémoire, la réplique et le factice.

5 – Faute d’amour
Thriller pesant et plombant dans la néo-Russie de l’ère Poutine, le film d’Andreï Zviaguintsev tape là où ça fait mal, avec un formalisme tout bonnement fantastique.

 


Par Eugénie Filho

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1 – Silence
La rareté du contexte de cette fresque chrétienne en pays nippon, et le réel silence qui pèse sur cette quête comme sur la mise en scène font de ce film une perle.

2 – Happy End
Le drame est aussi émouvant qu’il est distant. Cette distance est celle de la bourgeoisie aveugle, et de l’adolescente qui se protège par son smartphone. La beauté se révèle dans la relation de la jeune à son grand-père.

3 – We Blew It
Ce road-trip dessine parfaitement les sentiments ambivalents que l’on peut avoir envers les Etats-Unis, à la fois fantasme de liberté et mépris de la violente hypocrisie. Le tout à demi-mots de cinéma !

4 – Carré 35
Découverte fascinante d’un fantôme qui plane sur une famille, plus profond encore que la perte d’un enfant, celui de la grande Histoire et du déni.

5 – Voyage of Time
Avec un premier documentaire, Malick explore l’imperceptible lisière de la fiction. Cosmographie très intime par la quête du créateur, le film est une ode à l’humanité, à la communauté et à la Nature autocréatrice.

 


Par Sylvain Lefort

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1 – The Lost City of Z
Après dix ans de tentatives avortées, James Gray nous livre enfin le grand œuvre dont il rêvait. Un tournant majeur dans une œuvre jusque-là dominée par les univers urbains et le polar. Un chef d’œuvre majestueux et tortueux, aventureux et intime, lyrique et tourmenté

2 – Happy end
Michael Haneke nous livre une œuvre majeure – en tout cas, une œuvre somme, satirique et mordante, grave et sombre, un précis de décomposition familiale et civilisationnelle, comme il sait si bien les filmer.

3 – Gabriel et la montagne
Loin d’un brûlot altermondialiste ou d’un réquisitoire anti-occidental, derrière cet intriguant projet de reconstitution du périple d’un enfant gâté aux confins de l’Afrique se cache un film fascinant sur la résurrection d’un ami décédé. Manière de célébrer les vertus magiques du cinéma.

4 – A Ghost story
Un conte universel sur le deuil et la mélancolie, visuellement et narrativement renversant, élégiaque et bouleversant, dont la simplicité et le minimalisme du pitch sont inversement proportionnelles à l’élégance formelle et l’audace visuelle.

5 – La La Land
Damien Chazelle confirme tous les espoirs qu’on avait en lui, renouant avec le secret des grandes comédies musicales des années 50. Il transcende le genre et nous offre le plus beau cadeau qu’on pouvait rêver en ces temps de crise : euphorique et sombre, joyeux et mélancolique.

 


Par Loris Dru

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1 – We Blew It
Jean-Baptiste Thoret rend hommage à ses maitres et magnifie un documentaire fleuve illustrant un voyage sociologique, complexe et audacieux dans une Amérique en perte d’illusion, fracturée entre fatalisme et optimisme.

2 – Good Time
L’électrochoc de l’année, tant par son langage cinématographique hallucinant que la musique envoûtante de Onehotrix Point Never au service d’un long mouvement pur et frénétique, une course-poursuite haletante dans la nuit New-Yorkaise portée par un Robert Pattinson au sommet.

3 – Certaines Femmes
Un film d’une beauté inouïe dans ses envolées lyriques automnales et crépusculaires, par l’épure de son récit, son rythme paisible et sa perfection picturale. Kelly Reichardt dissimule derrière ses personnages une tempête de sentiments contradictoires.

4 – The Lost City of Z
Une œuvre intimiste dans laquelle James Gray parvient à imposer ses obsessions (l’organisation sociétale, la cellule familiale) au milieu d’un récit-fleuve naviguant entre l’Europe et l’Amérique du sud sur plus d’une décennie. Le tandem Gray-Khondji  fait encore une fois des merveilles.

5 – Barbara
Dans une mise en abîme vertigineuse, Mathieu Amalric dresse aussi bien le portrait de la plus grande chanteuse française que celui de sa muse de cinéma filmant les deux avec une telle passion que se créée cette confusion. En résulte un concentré de poésie pure.