Top des ressorties de 2017

Par Alexis Hyaumet

roi de coeur

1 – Le Roi de cœur (1966 –  Swashbuckler Films / L’Atelier d’images)
La folie douce qui règne dans cette œuvre improbable est contagieuse. On se laisse doucement embarquer par cette formidable poésie insoupçonnée de Philippe De Broca et servie par un casting extraordinaire. Un petit miracle.

2 – Miracle Mile (1983 – Splendor Films / Blaq Out)
Perché entre Into The Night et Panic sur Florida Beach, l’anxiogène Miracle Mile de Steve De Jarnatt et ses amants de l’Apocalypse laissent KO au premier round.

3 – Le Salaire de la peur (1953 – Les Acacias / TF1 Studio)
Le classique de Clouzot retrouve toute son aridité aveuglante et moiteur poisseuse avec cette nouvelle copie restaurée. Yves Montand, jusqu’au bout de la folie.

4 – Le Gouffre aux chimères (1951 – Swashbuckler Films)
Le cynisme du film de Wilder prend une toute autre ampleur à l’heure des fais divers portés en événements médiatiques instantanés sur les réseaux sociaux. Terriblement d’actualité sur la course au scoop.

5 – Memories of Murder (2003 – La Rabbia)
Introuvable dans une copie potable depuis presque 15 ans et film-univers de l’un des cinéastes sud-coréens les plus accomplis qui aura signé l’un des plus grands polars des années 2000.


Par Marc Moquin

salaire de la peur 2

1 – Le Salaire de la peur (1953 – Les Acacias / TF1 Studio)
Évidemment, 2017 fut une grande année pour le cinéma d’Henri-Georges Clouzot, intégralement restauré et rediffusé. Impossible de ne pas succomber à la modernité de ce récit aventurier et nihiliste comme jamais.

2 – Le roi de cœur (1966 – Swashbuckler Films /  L’Atelier d’images)
Immense surprise de Philippe de Broca, dont j’aimais déjà profondément Le Magnifique, mais qui détonne ici par un film fabuleusement mélancolique, différent, drôle, en dehors du temps.

3 – Impitoyable (1992 – Warner)
Le film qui enterra de nouveau le western après Ford et Peckinpah. Immense Clint Eastwood, énième chef-d’œuvre sur une Amérique multi-facettes, déjà bien loin de ses idéaux naïfs.

4 – Les salauds dorment en paix (1962 – Carlotta / Wild Side)
Le thriller acéré selon Akira Kurosawa, hautement politique, noir comme jamais, et bien entendu toujours d’actualité. Un des plus beaux cinémascopes en noir et blanc.

5 – Cadet d’eau douce (1927 – Théâtre du Temple / Lobster Films)
On ne parlera jamais assez de Buster Keaton, enfin reconnu comme génie mais qui gagne toujours à être rediffusé comme tel, ici peut-être dans son meilleur film, hilarant, intelligent, et incroyablement mis en scène.


Par Eugénie Filho

todo sobre mi madre

1 – Tout sur ma mère (1999 – Pathé)
Le plus beau, le plus touchant et le plus drôle des Pedro Almodóvar, avec ses couleurs restaurées et toujours plus aguicheuses, un vrai régal !

2 – Impitoyable (1992 – Warner)
25 ans et pas une ride ! La restauration propulse le spectateur réellement sous cette pluie glaçante et dans cette haleine d’alcool et de poudre de canon…

3 – Le Roi de cœur (1966 – Swashbuckler Films /  L’Atelier d’images)
La ressortie du Roi de cœur symbolise la raison-même de la restauration et de la nouvelle distribution des films : (re)découvrir des chef-d’œuvres oubliés.

4 – Léon Morin, prêtre (1961 – Tamasa Distribution / Studiocanal)
Le Melville sombre et moderne de la Seconde Guerre mondiale se retrouve dans ce drame intime, religieux et amoureux entre Emmanuelle Riva et Jean-Paul Belmondo.

5 – L’Atalante (1934 – Cannes Classics)
Mille fois restaurée, L’Atalante semble cette fois revêtir sa plus belle parure, au son des clapotis de la Seine et des chansons françaises.


Par Sylvain Lefort

les espions

1 – Les Espions (1953 – Les Acacias / TF1 Studio)
Quoi de neuf ? Clouzot, Henri-Georges de son prénom ! A l’occasion du 40ème anniversaire de sa disparition, le réalisateur de Quai des Orfèves a squatté tous les écrans noirs de nos nuits blanches. Afin de pointer la singularité du cinéaste, on retiendra 3 pépites, moins connues, mais magistrales : Manon, Miquette et sa mère, Les Espions.

2 – Rebecca (1940 –  Carlotta Films)
Tourné sous la houlette du producteur David O’Selznick, il annonce les chefs d’œuvres des années 50. Magnifique restauration. Le coffret Carlotta est une édition de référence, indispensable.

3 – Le Roi de cœur (1966 –  Swashbuckler Films / L’Atelier d’images)
Réversibilité des costumes, tragique de l’illusion, autant de thèmes qui conduisent Philippe de Broca à réaliser ce Roi de cœur, œuvre protéiforme. Il faut redécouvrir cette pépite méconnue.

4 – Equus (1978 – Swashbuckler Films /  Outplay)
Rareté signée Sydney Lumet jamais rééditée depuis sa sortie en salle en 1977, Equus est l’adaptation d’une pièce de théâtre signée Peter Schaffer, et dont les thèmes – psychanalyse, dénonciation du corsetage social britannique, conflit de générations – s’inscrivent pleinement dans l’univers du réalisateur.

5 – Georgia (1982 – Rimini Editions)
Fresque amicale désenchanté sur l’Amérique de l’après-guerre jusqu’à la contestation de la fin des années 60, film-somme d’Arthur Penn, scénarisé par Steve Tesich. L’occasion de redécouvrir ce pur chef d’œuvre, indispensable pour comprendre les Etats-Unis et vibrer avec celles et ceux qui les ont construits au XXème siècle.


Par Loris Dru

 

chungking express

1 – Chungking Express (1994 – ARP Sélection)
Une construction en miroir, une nuit et un jour, deux hommes et deux femmes dans un Hong-Kong en ébullition. Il n’en faut pas plus à Wong-Kar Wai pour réaliser un de ses plus beaux films, filmant les tourments amoureux comme personne.

2/ Le Miroir (1975 – Potemkine Films)
Œuvre à tiroirs monumentale, une forme de film-somme qui condense les thèmes et obsessions de son auteur enrichi par son aspect autobiographique mais aussi un film-monde dans lequel se recoupe tous les arts.
Critique de Loris Dru

3 – Le Privé (1973 – Capricci Films / Les Bookmakers / Agnès B. / Potemkine Films)
Il compte moins pour Altman de mettre en scène cette enquête complexe et fumeuse que de montrer un personnage complètement déphasé avec son temps, un marginal qui regarde toutes les couches de la société tel un sociologue.

4 – Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970 – Carlotta)
Monument de perversion autant une satire sociale sur l’impunité des élites qu’une radiographie des heures noires d’un pays post-fascisme. Constat désespéré d’Elio Petri sur un pays qui cherche à se renouveler pour, paradoxalement, ne rien changer.

5 – Twin Peaks : Fire Walk with me (1992 – Potemkine Films)
David Lynch déconstruit la mythologie et l’esthétique mise en place avec Frost à la télévision pour rendre son œuvre encore plus abstraite. Approfondissant son univers, Lynch frôle le grotesque sans jamais retirer quoique ce soit du mystère.