POLICE FÉDÉRALE, LOS ANGELES en coffret ultra collector

À l’heure de satisfaire les listes au Père Noël, les éditions Carlotta se sont coordonnées pour truster le pied des sapins cinéphiles en 2017. D’abord avec leur réédition des entretiens de Brian De Palma dans un Livre/coffret DVD en novembre, ils inaugurent le douzième mois de l’année avec non pas un, mais deux de leurs coffrets ultra collector dont ils ont le secret. Cette série numérotée de prestige, nous offre la possibilité de découvrir ou de redécouvrir des long-métrages importants – assez souvent traités avec ingratitude par l’édition vidéo jusqu’ici – dans de nouveaux masters superbement restaurés et une myriade de suppléments.

Et c’est un Noël de feu sur lequel nous engage Carlotta avec le coffret ultra collector numéro 8 consacré au Police Fédérale, Los Angeles alias To Live and Die in L.A. qui, pour William Friedkin, est “de loin la version la plus belle et la plus complète” de son film, voyez plutôt :

Coffret complet Police fédérale

Si vous n’avez pas eu la chance d’admirer cette restauration 4K sur le grand écran et pour les plus patients qui n’avaient pas investi dans le premier Blu-ray disponible en import, précipitez-vous alors sur cette édition limitée à 3 000 exemplaires et dont l’illustration originale est signée par l’artiste Chris Thornley. Police Fédérale, Los Angeles est aussi disponible en Blu-ray en version solo. Fait nouveau : c’est à la rédaction de la revue de cinéma La Septième obsession que fut confié de remplir l’ouvrage présent dans l’objet cartonné. Le collectif intitulé Éloge du faux-semblant s’articule en particulier sur des analyses diverses et variées de la mise en scène du cinéaste et comment Police Fédérale, Los Angeles s’inscrit pleinement dans cette filmographie des apparences et du dédoublement, au regard d’autres de ses long-métrages tels que Sorcerer – Le Convoi de la peur, Cruising – La Chasse ou Traqué. Les textes sont tous de très bonne facture, même si quelques auteurs poussent parfois un peu loin leur interprétation, mais nous offrent cependant “des axes de réflexion pour (nous) donner envie de prolonger le film après son visionnage”, comme nous le rappelle Thomas Aïdan à la fin de son introduction.

La hotte de Carlotta est également chargée en suppléments avec la réédition de contenus antérieurs, mais aussi de nouvelles interviews des figures importantes du film. Bien qu’il ne soit pas friand de ce type d’exercice, William Friedkin s’est prêté au jeu du commentaire audio. Parfois contradictoires d’un bonus à l’autre, ses interventions sont néanmoins en parfaite adéquation avec le déroulé de l’action. Le cinéaste nous offre un regard plus concret sur la construction d’un tel film au gré de quelques anecdotes hallucinantes, entre de fâcheuses conséquences pour certains membres négligents de l’équipe, suite à l’intervention d’un véritable faux-monnayeur (pour l’exactitude de la séquence avec Willem Dafoe), au tournage forcé d’une fin alternative suffisamment hors propos pour être abandonnée par les producteurs au profit de celle de Friedkin. Le seul bémol est cette répétition de ces anecdotes (parfois mot pour mot) entre le commentaire audio, le making of et les nouvelles interviews. De ces dernières, seules celles de Darlanne Fluegel, John Pankow et Buddy Joe Hooker, le directeur des cascades lors de la folle scène de course poursuite en voiture, évitent la redondance des propos et ajoutent un vrai plus à l’ensemble.

Police Fédérale, Los Angeles de William Friedkin est disponible en coffret ultra collector DVD/Blu-ray et Blu-ray solo le 6 décembre 2017